Deux ans au Liban

Deux ans au Liban
23 septembre 2019 Joëlle Belloir
fête de l'indépendance Liban

école liban
Deux ans au Liban

 En septembre 2016, enseignante fraîchement titularisée, j’ai eu envie d’aller voir comment on enseignait ailleurs. Je suis partie au Liban avec la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération) en Volontariat de Solidarité Internationale. Sans savoir ce qui m’attendait vraiment là-bas !…
J’ai travaillé à l’école Saydet El Naam, Notre Dame des Grâces, à Kfarchima, à quelques kilomètres au sud de Beyrouth, la capitale. J’y enseignais le français en CM1, CM2 et en 6ème, dans un pays où les élèves ont un enseignant par matière dès le CP et où les élèves apprennent trois langues et deux alphabets dès l’âge de 6 ans.
Le directeur de l’école, un prêtre maronite, a créé une école multiconfessionnelle.
Selon lui, c’est en créant des habitudes et des souvenirs de vivre ensemble que l’on pourra créer une véritable unité dans ce pays où 18 confessions sont reconnues. Cependant la rencontre interreligieuse y reste encore un défi, et pour Père Maroun, c’est par la jeunesse que l’on pourra le relever !

 

école liban

 

Pendant ces deux années, je découvre un nouveau système scolaire, un nouveau mode de vie, des traditions et une gastronomie extraordinaires. Mais j’ai surtout rencontré des gens fabuleux, d’une grande générosité, et avec une force de caractère impressionnante.
Il y a d’abord Bernadette, responsable des classes Maternelle à l’école. Elle m’a accueillie à l’aéroport avec un drapeau breton, et m’avait préparé un far breton ! Je ne m’attendais vraiment pas à cela !
Je pense aussi à Youssef, le chauffeur du bus scolaire qui est passé me prendre tous les jours à 6h15, avec un thé bien chaud, du pain ou un man’ouché au zaatar (galettes traditionnelles au thym et sésame).
Il y avait aussi Georges, l’épicier en bas de mon immeuble. Il  m’offrait parfois le café quand je passais devant sa boutique en revenant de l’école, ou qui rajoutait toujours un ou deux citrons dans mon sac de courses.
Norma, ma collègue professeur d’arabe qui m’a demandé de lui donner des cours de français. Ceux-ci se sont rapidement transformés en sorties café, concerts et visites du pays.
Et tellement d’autres qui ont marqué ces deux années si enrichissantes !
A l’école, j’apprends à m’organiser différemment. Il faut souvent improviser, et le premier conseil donné par le directeur : « Au Liban il fait savoir être patient ! » Les élèves sont très doués pour apprendre les leçons par cœur, ils m’impressionnent en grammaire, orthographe, conjugaison. Le grand défi est de leur apprendre à réfléchir en français, de véritablement communiquer à l’oral comme à l’écrit, et ce n’est pas chose aisée. Ce n’est pas dans leurs habitudes, mon rôle n’est pas de tout chambouler, mais je tiens aussi à les amener à se dépasser.
Nous avons pu échanger avec deux classes françaises, des enfants de leur âge avec qui ils ont pu partager les grands événements de l’année et s’étonner de leurs quotidiens respectifs L’école commence à 7h30 tous les matins. 7 périodes de cours s’enchaînent jusqu’à 14h30, avec deux pauses de 30 minutes. Etre élève de primaire demande une endurance au travail à toute épreuve, je suis impressionnée. Mes élèves m’apprennent beaucoup.
Le jour où ils ont compris que je pouvais parler quelques mots dans leur langue, tout a changé. J’avais fait un pas dans leur culture et ils étaient d’autant plus ouverts à faire un pas dans la mienne.
Je suis partie pour essayer de comprendre le monde d’un point de vue différent, comme un formateur l’a judicieusement formulé avant mon départ « voir le monde avec les lunettes de quelqu’un d’autre ».
Avec bientôt trois ans de recul sur cette expérience, je comprends un peu mieux ce que cela m’a  apporté dans mon quotidien avec mes élèves, mes amis, mes collègues,
… La rencontre interculturelle est une richesse que j’espère pouvoir toujours cultiver.
Elise D.

Festival du conte

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